Agenda

18/11/2011

Nos responsabilités élargies à l’infini

20h, au CHUV de Lausanne. 

conférence de J. P. Sorg.

 

Si on examine l’histoire de la conscience morale au XXe siècle, on voit émerger et prendre de plus en plus de place la notion de responsabilité, jusqu’à son élévation au rang de principe dans l’œuvre, devenue aussitôt une référence mondiale, de Hans Jonas. Das Prinzip Verantwortung (1979). Avant lui, dès 1923, Albert Schweitzer avait défini l’éthique comme « la reconnaissance de notre responsabilité sans frontières, envers tout ce qui vit ».

Comment les hommes en sont-ils venus à se dire – et à devenir pour de vrai – responsables de l’état de la terre ? C’est depuis qu’ils ont inventé la bombe et bien d’autres outils… Rien de plus bête – de plus irresponsable – que de répéter qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. L’humanité se trouve jetée par sa technologie dans une situation renversante, qui devrait la pousser à remettre en cause la position anthropocentrique des humanismes, philosophiques ou religieux. Schweitzer en avait la prémonition, son exemple de vie et sa pensée nous montrent et les problèmes et de nécessaires conversions. Nous devons changer notre vie ! Il nous exhorte au courage d’une responsabilité qui implique renoncements, sacrifices. « Le renoncement à une certaine assurance », disait Ivan Illich qui vers la fin de sa vie (La corruption du meilleur engendre le pire) n’y croyait plus. « La responsabilité est le bas-ventre mou de fantaisies de pouvoir. »

Que voulait-il nous dire par là ? Nous essaierons de comprendre cette vision aussi, cet « au-delà du principe de responsabilité ». Nous resterons cependant en-deçà, au niveau de l’éthique.

Qui peut aider son prochain le doit. Et qui doit peut ? Les deux grands engagements d’Albert Schweitzer (1875-1965) obéissent à cette logique simultanée de la raison et du cœur : sa décision, prise en 1905, de partir au Gabon comme médecin, car c’est d’un secours humanitaire que les populations là-bas, décimées par le régime colonial, ont besoin, et son autre décision, tardive, d’élever sa voix de prix Nobel de la paix (année 1952) contre les expérimentations des armes nucléaires et la course aux armements. Nobel oblige ! Discours prophétique : Paix ou guerre atomique (1958), qui sur les ondes de Radio Oslo informait d’une manière détaillée le grand public sur les phénomènes de pollution et de contamination radioactive. Conscience que « l’humanité fait l’expérience de sa possible fin ». 

 

 

Information : Marinette Porchet - porchet-m@bluewin.ch

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